Semaisons de silences de Sophie Parlatano aux Éditions des Sables

Il faudrait un « v » à la place du « t » de Parlatano ce qui signifierait : elles parlaient. Est-ce cette racine dans son nom qui pousse l’auteure a écrire des poèmes en opposant de façon régulière le thème de la parole à celui du silence ? Peut-être…

Mais alors qui est ce « tu » auquel elle s’adresse, qui comme une semaison la pousse à semer en lignes des graines de mots, car voilà donc une ode à un « tu » dont on ne sait rien, mais dont on comprend qu’il s’agit d’un amour puissant puisque tout un pan de son coeur pousse contre sa poitrine.

Pourtant la poète se contente d’un amour frugal : de quelques mots échappés à la vigilance des lèvres de son « tu », un ou deux sourires, une seule carte postale et elle attend.

Attendre un jardin derrière la grille, les barreaux serrés entre ses paumes, son corps pour unique clé, son désir posé nu contre le fer, attendre longtemps que crisse le gravier sous les reins, montent les fougères aux joues, la lavande, la santoline et les roses sous la pergola des prunelles.

Mais que fait-elle de ce scalpel du désir alors ? Eh bien … elle écrit, car

dans l’ombre de l’encre, l’amplitude du souffle grandit, les ailes peuvent enfin s’ouvrir, la main se libérer du carquois des pensées, et le coeur de sa cruelle clôture.

Des poèmes admirables pleins de musicalité que tout amoureux de l’amour et des mots devrait découvrir.

Publié par Laura Maxwell

Laura Maxwell est née à Genève en 1972. Cette idéaliste romantique est auteure, rédactrice indépendante et enseignante de langues étrangères. Autodidacte au parcours et aux goûts éclectiques, elle publie en 2011 La quête Degraal, roman-feuilleton dans le magazine Tout l’Immobilier, puis de 2012 à 2015, aux Editions Encre Fraîche, Boeing Transformateur, Trait d’union et Le banquet d’Emile , nouvelles dans des recueils collectifs. Elle travaille sur des chroniques de mots, « les accroche-mots » des textes ludiques et instructifs inspirés de ses expériences du monde des affaires. Elle porte sur ce monde-là un regard très critique et ironique.

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